C’est l’histoire de l’arroseur arrosé ! Coincé et dénoncé par les révélations contenues dans un rapport confidentiel de la MONUSCO dont la BBC s’est procurée des copies, visiblement à court d’argument et pris la main dans le sac, le Rwanda n’a trouvé d’autres astuces que de revenir à son fond de commerce sempiternel pour se décharger sur Kinshasa. Selon le Journal rwandais THE NEWS TIMES paraissant à Kigali, Paul KAGAME a chargé son ministre des Affaires Etrangères, Mme Rosemary MUSEMINALI de convoquer les membres du corps diplomatique accrédité dans son pays pour leur faire des révélations selon lesquelles les éléments des FARDC se coalisent avec les rebelles hutu des FDLR pour traquer les mutins du M23.

Pour toucher la fibre sensible des capitales occidentales, des rebelles des FDLR sont présentés comme des anciennes forces génocidaires regroupés sous la bannière des FDLR et que des personnes identifiées comme des Rwandais sur le territoire congolais ont été arrêtées, battues, torturées et même tuées.

Sans pour autant le dire expressis verbis, certains diplomates visiblement gênés par de telles affirmations sans preuves, ont promis de faire rapport à leurs gouvernements respectifs. C’est le cas notamment du Tanzanien, du représentant de l’Union Européenne, de celui de la Grande Bretagne, de l’Afrique du sud et de l’Ouganda qui est plus préoccupé par le dossier de la traque des rebelles de la L.R.A. de John KONYI.

Aveu d’échec et de complicité

Un diplomate en poste à Kigali et qui a requis l’anonymat a déclaré sous le sceau de la confidentialité que cette sortie médiatique traduit la situation inconfortable, dans laquelle se trouvent plongées les autorités rwandaises depuis les révélations des combattants rwandais à la MONUSCO. Inconfortable, parce que le double jeu malsain de Kigali est mis à nu. Il sied de rappeler que les autorités du Rwanda viennent de signer un communiqué conjoint avec Kinshasa pour la consolidation de la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs avec un élément révélateur de lancement dans les prochains jours des opérations militaires conjointes dans les territoires où sévissent les rebelles des FDLR pour endiguer ce phénomène. Avant même que l’assemblée nationale congolaise n’ait eu le temps de connaitre les tenants et les aboutissants de ce nouvel accord, voilà que des combattants rwansais révèlent via la MONUSCO l’implication de Kigali dans le recrutement, la formation et l’approvisionnement en armes lourdes et munitions de guerre à des éléments de l’armée régulière rwandaise pour renforcer les mutins du M23. Preuve que Kigali est impliqué de la tête aux pieds dans toutes les rébellions qui sévissent en RDC depuis bientôt vingt ans avec un bilan tragique très lourd. Inconfortable situation, parce que le Rwanda a créé de toutes pièces l’AFDL, le RCD, le CNDP et maintenant le M23 sous prétexte d’endiguer définitivement le phénomène des FDLR. Quatre mouvements politico-militaires qui changent de dénomination au gré des humeurs des autorités rwandaises et qui ne sont jamais parvenus à neutraliser ces rebelles hutus des FDLR. Y a-t-il une autre preuve suffisante pour recourir à une solution politique ? Kigali ne s’est pas du tout gêné pour prôner le recours au dialogue en offrant sa médiation entre le gouvernement de Kinshasa et ces mutins du M23.

Le prétexte sécuritaire fallacieux

Kigali jure par tous les saints qu’il ne négociera jamais avec les FDLR considérés comme des génocidaires alors qu’il a créé un centre de récupération de ceux d’entre eux qui acceptent de retourner au bercail. D’autre part, Kigali a abrogé la peine de mort avant d’instituer des tribunaux populaires dénommés « GACHACHA » pour examiner tous les cas de génocide. Bien entendu, les commanditaires ou auteurs et co-auteurs intellectuels sont bien identifiés et pourchassés à travers le monde avec l’aide de toutes les puissances internationales.

Par ailleurs, Kigali ne cesse de crier sur tous les toits que la paix et la sécurité sont rétablies sur l’ensemble de son territoire et que les FDLR ne représentent plus aucune menace sérieuse pour sa sécurité tant interne qu’externe. Et la question : si tel est le cas, pourquoi refuse-t-il d’ouvrir un dialogue avec ces résidus des FDLR pour un règlement pacifique définitif? Pourquoi s’agite-t-il chaque fois que Kinshasa évoque la possibilité de recourir à une assistance militaire du genre « Opération ARTEMIS » pour mettre fin à ce phénomène ?

Inconfortable parce que les hommes du M23 ont prétendu se battre pour protéger les tutsi congolais et recouvrer leurs grades militaires. Alors que chaque jour qui passe, des milliers de Rwandais traversent la frontière entre Gisenyi et Goma pour venir faire leurs affaires en RDC. Combien des milliers d’étudiants rwandais, tutsi comme hutu, ne fréquentent-ils pas les universités et instituts supérieurs de Goma et Bukavu ? Des milliers de Rwandais sont installés à Goma, Bukavu, Uvira où ils vivent en paix et sans être inquiétés.

Aucune agence internationale indépendante et encore moins aucune agence de presse n’a fait état des tortures, assassinats, blessures des personnes identifiées comme des Rwandais ni à Goma, ni à Bukavu, ni à Uvira ou dans n’importe quelle localité congolaise. Ces allégations de Kigali ne sont que des mensonges cousus de fil blanc. A bon menteur qui vient de loin, salut !

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