LisangaLes électeurs de la République Démocratique du Congo seront appelés aux urnes en 2015 et 2016 pour choisir leurs dirigeants. Des scrutins sur fond de bras de fer parfois musclés entre le pouvoir et l’Opposition  et, qui s’annoncent explosifs si les acteurs politiques ne parviennent pas à mettre en place un cadre de concertation, au mieux le dialogue sur le calendrier électoral global publié par la CENI, le 12 janvier 2015. C’est en perspective de ces scrutins que les Forces acquises au changement, Fac/Opposition réfléchissent  pour une nouvelle impulsion. Ce faisant, elles ont organisé au Centre Thérèsanium de Kintambo, le mardi 24 février 2015, une journée de réflexion dans le but de renforcer les capacités des Cadres des Partis. Ingele Ifoto et Heva Muakasa mettent les bouchées doubles pour donner une autre image de la politique. C’est dans cette optique que deux Experts en matière des élections et de la Constitution ont été les orateurs qui ont exposé sur la problématique du calendrier électoral global afin de les éclairer avant de prendre une position. Jérôme Mbonso a estimé que le calendrier électoral global ne permettra pas d’organiser les élections locales, municipales et urbaines dans le délai imparti par la CENI. Prof. Jacques Djoli émet des doutes sur la faisabilité du  chronogramme présenté par la CENI.

Les convulsions prévisibles atteindront-elles le processus électoral 2015-2016 par rapport à celles de l’année électorale 2011 qui a, entre autres, vu la RDC basculer dans les contestations de légitimité du pouvoir ? La manière dont les Forces acquises au Changement négocient l’alternance laisse penser que dans quelques jours elles pourront faire une déclaration qui mettra tout le monde d’accord et que les élections se feront sans heurt. Elles appellent les parties prenantes à un dialogue politique qui va déboucher à un calendrier consensuel. Jérôme Bonso et Jacques Djoli ont suffisamment éclairé dans leurs exposés les imperfections et irrégularités enregistrées par les Fac/Opposition sur le plan technique. Les Fac/Opposition estiment que ce calendrier cache un agenda politique.

Pour remémorer les esprits des Cadres des Partis politiques à cette journée de réflexion, Jérôme Bonso a démontré que les élections de 2006 se sont déroulées sur base d’un accord politique. Il y avait, selon lui, un consensus politique à ces élections. Malheureusement, le résultat de la présidentielle était discutable et Jean-Pierre Bemba à l’époque candidat « malheureux » avait accepté l’irréparable. En conséquence, il y a eu des journées folles et des morts à Kinshasa.

Abordant certains aspects des élections de 2011, il a fait savoir qu’il n’y avait pas de consensus. Et, sur cette base, la Communauté internationale s’était éperdument désintéressée contrairement aux élections de 2006 qui avaient connu un financement de plus ou moins 80%. En cette année là, l’agenda politique était déjà connu par la même communauté internationale. C’est la raison, ajoute Bonso, du désintéressement des partenaires.

S’agissant du calendrier électoral publié par la CENI, Bonso n’y croit pas quant à sa réalisation. Il l’a dit aux politiques : «il est impossible d’organiser les élections locales, municipales et urbaines dans le délai que propose ce calendrier». Il a donné tous les aspects techniques liés à ces élections. Selon lui, si le calendrier partiel de la Ceni n’a connu le dénouement que d’un tiers de son exigence financier de l’ordre de 50 millions, alors que le budget était de 169 millions. Comment, s’est-il interrogé, la Ceni pourra avoir plus d’un milliard pour faire face aux 23 contraintes. Il a, par ailleurs, proposé aux Fac/Opposition de porter au loin la voix pour que le dialogue se fasse pour permettre de plancher sur les élections provinciales, législatives et présidentielle.

Dans son analyse critique sur le processus électoral et le calendrier électoral global, Jacques Djoli a estimé que la technique électorale n’a pas encore écrit sa lettre de noblesse en RD Congo. Il a fait prévaloir que le regroupement politique n’ont pas de stratégies pour asseoir l’alternance. Pour gagner les élections, pense-t-il, l’opposition doit mettre de l’intelligence et non des muscles. «Il faut que les Partis politiques de l’opposition et de la majorité se mettent d’accord sur le cadre légal et doivent connaitre la cartographie pour préparer leur base », déclare-t-il. C’est à ce sujet qu’il a donné son jugement de valeur. «Le chronogramme de la Ceni n’est pas susceptible d’amener les congolais à des élections apaisées ». Il a relevé des incohérences du fait qu’on a un calendrier sans consultation, au moins cinq générations des majeurs sont exclues. S’agissant des élections locales, il a prouvé qu’il y a des lois qui ne sont pas encore adoptées ni appliquées.

Des 12 lois sur la décentralisation, 5 seulement ont été votées. «Pour réussir l’alternance, il faut une organisation. La priorité est d’organiser les élections contraignantes de la Constitution», conclut-il.

Peter Tshibangu et Laurianne Landu

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