DSC_0717Attendue depuis plusieurs mois et réclamée à cor et à cri par l’Opposition politique, la démission de l’Abbé Apollinaire Malumalu de la présidence du Bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), a finalement été rendue publique le samedi 10 octobre courant, à travers un communiqué du Président de la République. Ce dernier, après avoir pris acte de la décision du prélat catholique, a instamment invité la Société Civile à se réunir en vue de la désignation de son successeur, dont le nom devrait être communiqué à l’Assemblée nationale dans le meilleur délai, en vue de son investiture.
On rappelle que l’abbé Apollinaire Malumalu est indisponible depuis la fin de l’année dernière et qu’il avait subi, au début de cette année, une intervention chirurgicale à la tête. L’une des rares fois où il était apparu publiquement devant les médias, c’était au mois de mai. Il avait affirmé, à cette occasion, que son institution allait exécuter, sans faille son calendrier global, quelles que puissent être les contraintes politiques, financières et techniques ainsi que les pressions de l’Opposition, qui exigeait un calendrier consensuel. Plusieurs semaines après, c’est par vidéo-conférence qu’il avait fait le point de l’évolution du processus électoral, qui se trouvait alors à l’étape de la fiabilisation du fichier électoral et de l’enregistrement des candidatures à la députation provinciale.
Une nébuleuse appelée « Société Civile »
Après le départ de l’abbé Apollinaire Malumalu de la tête de la CENI, la succession est largement ouverte. Ici, on doit s’attendre à une grande cacophonie, comme à l’époque de la désignation du précité, choisi à l’insu et contre la volonté de l’Eglise Catholique, qui avait porté son dévolu sur un laïc, le nommé Botolo Magoza pour ne pas le citer. La crainte d’une nouvelle foire est d’autant grande que la « Société Civile » de la République Démocratique du Congo ressemble à une « nébuleuse » où se retrouvent des personnages de tous bords, le plus souvent instrumentalisés par des partis politiques.
Avec une multitude d’organisations fonctionnant dans des mallettes, des querelles de positionnement entre individus, pour des dividendes financiers, risquent de donner lieu à une longue impasse, comme ce fut le cas avant le retour du même prêtre à la tête de la CENI. Le vœu de la majorité des Congolais est que le successeur de Malumalu découle, cette fois, d’un réel et large consensus entre les confessions religieuses. Il faudrait que la personnalité appelée à piloter cette institution d’appui à la démocratie soit capable d’assurer son indépendance vis-à-vis des pouvoirs exécutif et judiciaire et d’affirmer sa neutralité à l’égard des forces politiques et sociales qui seraient tentées de l’instrumentaliser.
Le pays se trouvant à un tournant délicat du processus électoral, à savoir le réaménagement du calendrier électoral et le choix des élections prioritaires, à tenir absolument dans les délais   constitutionnels (présidentielle et législatives nationales), il appartient au futur nouveau président de la CENI de tout faire pour éviter à la RDC un glissement à même d’entraîner les Congolaises et Congolais vers le « suicide collectif ».
                                                                                  Kimp

Lire aussi sur AETA :

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*