Le ministre d’Etat, ministre de Budget, Pierre Kangudia, a tenu un point de presse hier mercredi 15 janvier 2017 dans le salon Bleu de l’hôtel du gouvernement dans la commune de Gombe, dans le but de fixer l’opinion nationale et internationale sur la vision de son ministère et les objectifs à atteindre. Au cours de ces échanges avec la presse, Pierre Kangudia a axé son intervention autour de trois points essentiels à savoir,  l’évolution de la situation financière de l’Etat depuis leur prise de fonctions, l’ouverture des crédits provisoires et l’élaboration du projet de Budjet 2017.
Après avoir vidé la substance de son adresse en rapport avec ces éléments d’informations, le ministre d’Etat, ministre de Budget s’est soumis au jeu de questions réponses avec les journalistes présents dans la salle.  Interrogé sur la manière dont le gouvernement comptait mobiliser l’enveloppe de 1,8 milliard de dollars destiné au financement des élections d’ici 2017, Pierre Kangudia a répondu : « Même si les perspectives semblent s’améliorer, il  nous sera difficile de mobiliser le 1,8 milliard de dollars cette année. Vous êtes devant un technicien qui parle de ce qui est réalisable. Notre économie génère des revenues, le niveau de recettes est celui là. Je ne vois pas comment vous pouvez réaliser le 1,8 milliard cette année, quelque soit la personne qui sera là. »
            Se voulant néanmoins optimiste, il a expliqué par ailleurs que toutes les éventualités sont en train d’être envisagées, toutes les combinaisons sont possibles et qu’à l’issue des ententes politiques, l’on verra la formule réalisable pour l’atteinte de l’objectif.
            « Tout est possible si nous avons un peu plus d’argent. Mais en attendant, nous avons trouvé la casserole non seulement vide, mais également trouée, avec un déficit de – 512,2 milliards de FC. Avant de commencer à la remplir, il fallait d’abord boucher les trous. Voila la situation qui est la nôtre en ce moment », a-t-il précisé.
            Toujours à propos des moyens financiers à mettre à la disposition de la CENI pour la tenue des élections présidentielles et législatives en décembre de cette année, Pierre Kangudia a affirmé que le paiement à la Ceni s’était bel et bien estompé à un moment donné (depuis le mois de juillet 2016), mais avec son équipe, un début de paiement en janvier a été effectué à la hauteur des moyens dont ils ont disposé. Tout en notant à cet effet que ledit paiement pourra s’améliorer une fois que leur situation pouvait s’améliorer également.
 
Exercice 2016 : -503,9 milliards de FC de déficit
Il faut noter que le ministre Pierre Kangudia a expliqué cette impossibilité pour le gouvernement Badibanga, (au travers son ministère) à mobiliser ladite enveloppe de 1,8 milliard d’USD, par la situation actuelle de l’état des finances publiques du pays. Donnant l’évolution des finances de l’Etat depuis son entrée en fonction, il a révélé qu’en fin novembre 2016, le déficit cumulé s’élevait à -347,7 milliards des FC, avant  qu’il ne fasse un bon très important en quelques jours, pour atteindre 512,2 milliards des FC le 23 décembre 2016, jour de leur investiture.
            « Notre première réaction avait consisté à ralentir cette tendance. C’est ainsi que nous avons clôturé l’exercice 2016 à -503,9 milliards de FC. Il faut rappeler que 2015 s’était soldé par un déficit de -259,3 milliards de FC. Quant à l’inflation, elle s’est située à 11,24% à fin 2016 alors qu’elle n’avait été que de 0,82% en 2015 », a-t-il renchéri. 
            Suite à certaines mesures de gestion rigoureuse prises de concert avec la Banque Centrale du Congo afin de renverser la tendance, a noté Pierre Kangudia, à la fin de ce mois de janvier, le solde du Compte Général du Trésor Public a affiché un léger excédent de 5,9 milliards de FC.
            Selon ce membre du gouvernement Badibanga, malgré cette nette amélioration, la situation reste très fragile. Et ils comptent à cet effet, poursuivre la politique d’encadrement des dépenses publiques, afin de préserver ces acquis et les consolider.
            S’agissant de l’ouverture des crédits provisoires, le ministre Kangudia a expliqué que le débat au Sénat a permis de régler cette question de l’instrument de gestion à mettre à la disposition du Gouvernement. Ainsi, a-t-il indiqué, la formule arrêtée a consisté à réduire chaque mois les crédits provisoires ouverts pour janvier jusqu’à l’adoption du Budget de l’exercice en cours.
Myriam Iragi

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