La population de la commune de Lemba a exprimé son ras-le-bol face à une longue attente des élections hypothétiques. Lundi 16 octobre 2017, au cours d’une tribune d’expression populaire, organisée à
l’initiative d’« Agir pour des élections transparentes et apaisées »(AETA) à la paroisse Notre-Dame d’Afrique, les jeunes conviés à cette session ont été formels : des élections au plus tard le 31 décembre de
cette année ou bien Corneille Nangaa dépose sa démission.

Sur fond du thème : « Evaluation citoyenne des élections », des officiels de la Commission nationale électorale indépendante (CENI), notamment Anne-Marie Mukwayanzo, secrétaire exécutif provincial de la
CENI/Kinshasa, Jean-Baptiste Itipo, directeur de la communication à la CENI, et des activistes de la Société civile dont Jérôme Bonso(LINELIT) et Gérard Bisambu(AETA), ont désespérément tenté de
répondre aux interrogations de la population sur le processus électoral actuel.

Au total, 56 questions ont été enregistrées par le panel d’orateurs,
mais  près d’une dizaine seulement ont reçu quelques esquisses de
réponses. «Nous sommes délégués par la hiérarchie. Soyez assurés, nous
allons transmettre vos préoccupations à qui de droit… », a lâché un
membre de la CENI avec peine pour esquiver les attaques de la
population.
Dans le lot des interrogations, les « Lembaltèques » cherchaient à
savoir, entre autres, pourquoi les élections de Nangaa semblent les
plus chères (plus d’un milliard de dollars), alors que les précédentes
n’ont pas atteint ces proportions. Pourquoi venir évaluer le processus
électoral avec la population, dès lors que Corneille Nangaa évoque
déjà le scrutin en 2019 ? Comment vont fonctionner les machines à
voter dans un pays quasiment non électrifié ? Quel crédit accorder à
un président de la CENI qui change chaque fois ses propos ? Comme pour
les études, on ne peut commencer l’année académique ou scolaire sans
horaire et surprendre les étudiants avec l’annonce des examens?
Comment la CENI fonctionne sans calendrier qui  annonce les élections
504 jours après l’enrôlement ? Comment pouvons-nous aller aux
élections avec des frontières poreuses?
Face à la tension qui montait dans la salle, un des participants, en
la personne du professeur Thierry NLandu, a solennellement traduit aux
organisateurs de cette tribune les desiderata de la population qui n’a
plus confiance en ses dirigeants. « Les machines à voter, c’est bien
beau, mais ne remplaceront jamais les humains. Déjà, il n’y a plus de
confiance. Chaque fois que la CENI en parle, on l’explique en
français. Veuillez expliquer cette machine à la population en lingala,
afin qu’elle comprenne. Comment voulez-vous évaluer ce processus qui
n’est pas limité dans le temps ? C’est comme si nous naviguions à vue,
sans boussole… », a conclu l’enseignant, sous une salve
d’applaudissements.
Somme toute, la population a exprimé vivement ses craintes de fraude
face à un processus électoral obscur et appelé les autorités à
organiser le plus rapidement des élections crédibles, apaisées et
sécurisées.
Tshieke  Bukasa

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