IMG_4091Féru de l’écriture, le prof Pamphile Mabiala vient d’enrichir son palmarès avec la sortie de son  nouveau livre intitulé « Les élections dans l’histoire politique de la RDC ». Edité en juillet 2015 par la Fondation Konrad Adenauer, où il assume les fonctions de coordinateur national, cet ouvrage politique de près de 150 pages retrace l’histoire des élections en RDC depuis la fin de l’époque coloniale jusqu’au début des années 2000.

Pour Mabiala, ce livre peut aider les Congolais à se rappeler les péripéties  des élections antérieures et leur permettre de mieux préparer les échéances futures.

Au premier chapitre, le coordinateur de la FKA s’attarde sur les élections de 1957-1960. Revenant sur le décret royal  du 26 mars 1957 relatif à l’organisation générale des villes en circonscriptions administratives distinctes, il s’intéresse aux élections communales de décembre 1957  qui avaient débouché sur la désignation comme premiers bourgmestres noirs  Kasa-Vubu (Dendale), Pinzi (Kalamu), Alphonse Tshinkela  (Kintambo) pour Léopoldville, Armand Tshinkulu, Laurent Musengeshi… pour les communes indigènes d’Elisabethville…

Mabiala évoque le message d’Auguste de Schryver en date du 16 octobre 1959 qui avait déclaré  que la voie de l’indépendance était ouverte. Le calendrier décliné par ce cadre colonial belge faisait état d’élections au suffrage universel pour les territoires et  communes  en décembre 1959, de la mise en place d’institutions provinciales……. Ces élections furent boycottées par le PSA, l’ABAKO, le MNC/ Lumumba….

Il y a eu ensuite les premières élections législatives  sur l’ensemble du pays  en mai 1960 et pour lesquelles le MNC, animé par Lumumba, allié à d’autres partis, avait plané sur d’autres regroupements en obtenant  41 sièges à la Chambre des représentants.

Après l’organisation d’un référendum populaire en 1963, le président du Sénat Ileo, assisté de Marcel Lihau avait mis  sur pied l’avant projet d’une Constitution pour résorber la crise politique de cette période. Le référendum constitutionnel de juillet 1964 aboutit  à la promulgation de la Constitution de Luluabourg. Il y eut ensuite la désignation de Tshombe comme Premier Ministre, les  élections  communales à Léopoldville en 1965, les législatives nationales et provinciales programmées la même année et remportées par la Convention nationale Congolaise ou CONACO.  Se sentant fragilisé avec la montée en puissance du leader de la CONACO, Moïse Tshombe, Kasa-Vubu commit  la lourde faute de le virer et le remplacer par  Evariste Kimba  en octobre 1965.

Profitant de cette situation confuse, Mobutu prit  le pouvoir.

            Au troisième chapitre, Pamphile Mabiala évoque les premiers faits et gestes du nouvel homme fort du pays, à savoir, la réduction des provinces (21 à 12 ), le référendum Constitutionnel de 1967 avec à la clé une nouvelle Constitution, les élections législatives et présidentielles de 1970…..

            Cinq ans plus tard, les Zaïrois effectuaient le « vote par acclamation » lors des rassemblements populaires.

            En 1977, Mobutu avait demandé au peuple d’élire 18 membres du Bureau Politique du MPR et lui- même allait choisir 12 autres.

            Mobutu avait apporté des innovations aux élections législatives de 1982 avec l’endossement des candidatures par le MPR et l’accroissement du nombre des sièges au Conseil Législatif. Réélu en 1984 pour un nouveau septennat, Mobutu organisa les élections législatives en 1987. La compétition électorale étant  ouverte, le Conseil Législatif enregistra  l’arrivée de 143 nouveaux commissaires du peuple.

            Au 4 ème chapitre,  Mabiala jette un regard critique sur la longue transition politique des années 90 avec comme faits saillants : l’ouverture de la Conférence Nationale Souveraine « CNS » avec l’élection d’Etienne Tshisekedi à la Primature, suivie plus tard de la traque des Kasaiens installés au Katanga, la révocation de l’élu de la CNS, la mise sur pied du Haut Conseil de la République/ Parlement de Transition….

Mais aussi l’élection de Léon Kengo par les parlementaires du HCR/PT en juin 1994.

            Les élections de 2006 précédées du référendum constitutionnel de 2005, sont abordées au chapitre 5. Y figurent également le système électoral, les violences électorales, les élections de 2011 et une conclusion générale…..

             Historien et ethnologue, Mabiala est prof ordinaire et chef de département à la faculté des Lettres et Sciences Humaines à l’Unikin.

Jean- Pierre Nkutu

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