CENI (1)C’est à nous qu’il revient de décider de l’avenir de notre beau et grand pays ! Ce cri est souvent lancé dans bon nombre des milieux sociopolitiques, toutes tendances confondues, au regard des « obstacles » à découvert sur le parcours du processus devant conduire la Nation aux élections souhaitées libres, démocratiques et transparentes.

Si le ton devient plus nuancé dans les cercles de la plupart des forces sociopolitiques dites de l’opposition, il en est autrement chez ceux qui se targuent de défendre becs et ongles la majorité présidentielle. Ici, la question qui taraude les esprits est celle de savoir si le calendrier électoral tel que rédigé par la CENI tiendra encore la route, au regard de nombreux retards observés depuis quelques temps, notamment le report des élections des gouverneurs des provinces, celui concernant certaines dispositions légales appelées à couvrir certaines échéances électorales et surtout ce problème crucial des fonds destinés à financer ce processus tant attendu des élections locales, communales, urbaines qui devraient donner le ton aux autres échéances pour que cette fois-ci, il n’y ait plus d’arriérés électoraux.

L’un des chantres du régime au pouvoir et qui ne rate jamais une occasion pour abreuver l’opinion publique des « soit disant » performances des institutions de la République, est inconsolable. Inconsolable, parce qu’il a surpris ses contradicteurs en reconnaissant du haut de la tribune d’une conférence-débat pour la toute première fois que le fameux « glissement » de tous les malheurs est inévitable. A ses yeux, le peuple congolais n’est pas prêt à subir le sort peu envieux des Libyens et bien d’autres peuples d’Afrique victimes de ce que l’on a surnommé  «le Printemps arabe» en 2011. Cela, a-t-il ajouté, pour s’être laissé séduire par les promesses de la communauté internationale. «Nous ne voulons aucun changement brusque en 2016», s’est-il exclamé face à ses interlocuteurs ahuris et tétanisés par tant d’ardeur de la part de celui qui ne se lasse pas de chanter le slogan de la révolution de la modernité, même s’il y croit de moins en moins.

Pas d’argent pour les élections !      

Y a-t-il suffisamment des fonds pour financer ces élections ? Notre propagandiste est d’avis que les caisses sont vides et incrimine ainsi la lenteur avec laquelle le gouvernement libère à compte-gouttes les moyens et surtout celle qui a fait que le parlement a pris plus de quatre mois pour sortir à la sauvette la loi sur la répartition des sièges. A son avis, il ne faut pas se voiler la face : il n’y a pas d’argent pour les élections.

Du côté de la CENI, le ton est alarmant : il faudrait quatre mois pour former les formateurs des agents électoraux appelés à procéder aux opérations d’enrôlement des nouveaux majeurs qui s’évaluent au nombre de six à huit millions des Congolais aujourd’hui âgés de 18 ans révolus ou plus et qui résident à travers tout le territoire national aux dimensions continentales.

Un autre acteur politique se réclamant proche de l’opposition n’a pas été de tout tendre. Pour lui, il faut prendre au sérieux l’avertissement lancé par un haut responsable de l’Eglise Catholique qui a indiqué sans un minimum de consensus au niveau de la classe politique, toutes tendances confondues, il y aura pas d’espoir pour vivre l’alternance au sommet du pouvoir politique en 2016 au Congo. Bref, les contraintes techniques, logistiques, financières et juridiques qui se dressent sur le chemin de ce processus électoral, peu importe le responsable, exigent l’organisation et la tenue d’un dialogue national pour éviter que le feu brûle toute la maison Congo. Une véritable bouée de sauvetage pour élaguer les multiples pesanteurs qui jonchent le chemin conduisant vers de vraies élections apaisées, démocratiques et républicaines.                  F.M.

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